Le mode accessibilité augmente les contrastes pour les personnes ayant des difficultés visuelles.


Exposition d’Éliane Laberge : La Terre de chez nous

  • Quand : Jeudi 12 Août 2021 - 17:00 à Jeudi 2 Septembre 2021 - 20:00
  • Où : Centre multifonctionnel
  • Coût : Gratuit

Lundi : 13 h à 16 h
Jeudi : 17 h à 20 h
Samedi : 9 h à 12 h

Port du masque obligatoire et distanciation sociale.

Si le centre multifonctionnel devait être fermé au public, l’exposition serait présentée virtuellement.

Description de l’artiste :
On ne naît pas artiste, on le devient. C’est toute petite, vers l’âge de cinq ans, que déjà s’installent en moi la curiosité et la fascination pour tout ce qui m’entoure.

Je suis native de la campagne dans la magnifique région du Saguenay, entre la rivière et la montagne, baignée de lumière et de pureté. Je vouais à mon grand-père, notre voisin artisan « patenteux », une admiration sans bornes. Très souvent, je lui rendais visite sans crier gare, dans sa boutique (atelier) pour le voir travailler avec tout ce qui lui tombait sous la main : bois, métal, ou quoi d’autre. D’ébéniste à forgeron, de luthier à producteur agricole, il était l’homme de toutes les situations pour les gens dans le besoin de faire réparer, souder ou même fabriquer du neuf.

J’étais fascinée par la quantité d’objets et de pièces de matériaux trouvés, récupérés, endommagés, suspendus au plafond et aux vieilles poutres, ou entassés le long des murs. Il était un collectionneur de brocantes, la richesse des pauvres, où la débrouille et l’entraide règnent. Une grande famille (17 enfants) qui trouvait son bonheur dans la musique (piano, guitare et accordéon) qui nous accompagnait au quotidien. Le milieu idéal de vie les souvenirs et la semence pour l’imaginaire d’une enfant.

Mon apprentissage de vie s’est amorcé au Pensionnat où j’ai fait mes études pendant 10 ans. Beaucoup d’heures de solitude ont été meublées à lire, à broder, mais surtout à dessiner. Besoin d’affiches, d’illustrations, j’étais la personne désignée. À l’image de mon grand-père, j’ai voulu développer mes habiletés dans tout ce qui m’intéressait : la joaillerie, l’ébénisterie, les arts appliqués, etc. Pour canaliser ma créativité, mes idées, mes émotions, les arts plastiques, avec leur variété de médiums différents, ont comblé tous les vides. C’est devenu ma raison d’être tant dans mon choix de profession que dans ma vie.

Il n’y a jamais eu de dichotomie entre ma profession et ma création. Au contraire, elle a servi mon processus de création en affirmant mes connaissances tant techniques qu’idéologiques, les deux s’alimentent aux mêmes sources de références. Mon enseignement en arts plastiques et en arts visuels (photo, vidéo) m’a servi de laboratoire d’expérimentation, d’enrichissement et de stimulant.

Ma démarche ressemble à celle de Picasso (révélée dans sa biographie) dont j’admire le processus : la liberté en faisant fi des courants, des modes, des critiques, des styles, des médiums… laissant libre cours à son intuition. C’est mon modèle de fonctionnement : une somme de « destructions », de récupérations (mon atelier en est témoin), de pleins et de vides, de doutes, de critiques. Comme une carte routière, ma démarche, consciente ou pas, prend des directions diverses au rythme d’influences (le noir de Soulages, la couleur de Cézanne, l’espace de Manet, le geste de Pollock, et combien de photographes m’ont fait découvrir l’importance de la lumière, Ansel Adam par ex.), d’expérimentations, de carnets de voyage, etc. Le parcours ne peut être toujours linéaire, monodisciplinaire. Il est jalonné de thèmes, de projets et de matériaux différents. Je l’ai voulu décloisonné, ouvert, à mon image.

Ma démarche, c’est aussi de revisiter des anciennes œuvres mises de côté, dont le support papier est des plus inspirants pour un nouveau geste, une tache de couleur, un graphisme. C’est retrouver une toile abandonnée depuis longtemps et qui. Soudainement, se transforme en un tout de main… C’est passer tous les jours dans mon atelier, jeter un coup d’œil sur des œuvres en cours, m’imprégner de leur image, transformer… jusqu’à ce que j’y appose ma signature. C’est accepter des heureux hasards de composition qui transforment l’équilibre d’une image, que ce soit par la couleur, la modification d’une forme, ou autres gestes spontanés. C’est enfin réaliser que l’écriture, la gravure et la peinture sont de ma langue, de mes origines, de toute ma vie.

Je crée pour moi, pour continuer à vivre tout simplement… C’est dans le regroupement de mes œuvres qui dégagent une harmonie, une idée commune, un projet d’exposition peut-être.

Projet d’exposition :
La nature est riche d’objets en perte de leur forme originelle. C’est en marchant ma ville que j’ai récupéré une multitude de fragments de métal lancés, perdus, décrochés des voitures, que sais-je? - Ils sont parfaitement aplatis, ramenés aux abords des trottoirs par les déneigeuses pour se reposer sous la glace sale chargée de sels. Ce sont ces fragments transformés par la rouille qui m’intéressent et me parlent esthétiquement, mais aussi leur histoire, leur origine, leur utilité, leur abandon… par nous les humains.

Ce sont certaines de ces pièces qui trônent dans la composition d’un certain nombre de mes œuvres. Ce sont pour moi des « Natures mortes » qui reprennent vie. Dans certains cas, l’œuvre s’est organisée à partir de l’objet, comme un lieu de mémoire. Les textures et les plans structurent son espace. En adéquation avec le lieu d’origine, elle s’inscrit dans le format « Paysage ».